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Une esquisse

Ma mère était une femme pieuse. Bien qu'elle appartenait à la classe ouvrière, elle pouvait étonnamment garder son corps et son âme parfaitement sains, mais son esprit fut souillé par les prières et les leçons apprises des manuels d'économie domestique. Et, par dessus tout, elle adorait les chapitres sur la science des manières de noble fille à table et sur la philosophie de faire de la dentelle en public. La première, évidemment, pour ma mère était très utile, puisqu'elle a réussi à accaparer mon papa, riche fut-il. Il l'aimait à la folie.
Mes parents se sont rencontrés lorsque mon père était si riche qu’il aurait pu avoir un garçon pour lui lacer ses chaussures, un autre pour lui brosser ses manchettes et une femme de ménage avec des bras délicats qui lui aurait noué sa cravate. Je ne sais pas ce qui l’a attiré vers ma mère, mais, sans nul doute, elle a profité de l'occasion très adroitement. Le soir du 10 mai 1987, ils se sont vus pour la première fois. Puis, huit mois et demi après, ils m'ont vu naître.
Mon père avait trouvé en moi le bonheur et le salut des touts malheurs et infortunes en feignant de ne pas remarquer l’azur dans mes yeux et mes boucles crépues qui mes descendants n’avaient jamais. Et ma mère avait trouvé en moi tous ses péchés et fautes qu’elle essayait extirper dans moi à n'importe quel moyen: aux poupées féminines, à la broderie, aux belles manières, aux personnes de mon âge je devais connaître, à une maîtresse de la musique, à une nonne, à la fessée et une bassine avec pois nécessairement.
J'avais vingt ans lorsque ma chère maman a compris que je n’étais pas guérissable. Aussi s’est éloigné-t-elle de moi et de mon père qui toujours me protégeait contre la ceinture. En somme elle s’est lié avec un admirateur. Elle nous avait planté là absurdement à l'extrême en cassant le vase, en renversant le porte-manteau et en brisant le cœur de mon papa les blessures lequel ne réussissaient pas à guérir, et lequel s'est éteint six mois après.

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    Une esquisse

    Ma mère était une femme pieuse. Bien qu'elle appartenait à la classe ouvrière, elle pouvait étonnamment garder son corps et son âme parfaitement sains, mais son esprit fut souillé par les prières et les leçons apprises des manuels d'économie domestique. Et, par dessus tout, elle adorait les chapitres sur la science des manières de noble fille à table et sur la philosophie de faire de la dentelle en public. La première, évidemment, pour ma mère était très utile, puisqu'elle a réussi à accaparer mon papa, riche fut-il. Il l'aimait à la folie.
    Mes parents se sont rencontrés lorsque mon père était si riche qu’il aurait pu avoir un garçon pour lui lacer ses chaussures, un autre pour lui brosser ses manchettes et une femme de ménage avec des bras délicats qui lui aurait noué sa cravate. Je ne sais pas ce qui l’a attiré vers ma mère, mais, sans nul doute, elle a profité de l'occasion très adroitement. Le soir du 10 mai 1987, ils se sont vus pour la première fois. Puis, huit mois et demi après, ils m'ont vu naître.
    Mon père avait trouvé en moi le bonheur et la consolation de tous ses malheurs et infortunes en feignant de ne pas remarquer l’azur de mes yeux et les boucles de mes cheveux que l'on n'avait jamais vus chez aucun de mes ancêtres maternels ou paternels. Et ma mère avait trouvé en moi tous ses péchés et ses fautes dont elle essayait de me délivrer par n'importe quel moyen: poupées féminines, broderie, belles manières, enfants de mon âge que je devais connaître, professeur de musique, nonne, fessée et, bien sûr, la bassine remplie de pois sur lesquels je devais m'agenouiller.

    J'avais vingt ans lorsque ma chère Maman a compris que je n’étais pas guérissable. Aussi s’est-elle éloignée de moi et de mon père qui m'avait toujours protégée de la ceinture. Finalement, elle s’est liée avec un admirateur. Elle nous a plantés là, sans raison mais, en guise d'adieu, en cassant un vase, en renversant un porte-manteau et en brisant le cœur de mon Papa qui ne guérit pas de ses blessures et s'éteignit six mois plus tard.

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