Jour 82: C’est qui l’élite et est-ce qu’on a besoin d’elle ? (15 mai 2018)
On parle d’elle comme si on savait de quoi il s’agit exactement et on l’évoque surtout quand les choses vont mal : l’élite. Il est intéressant d’observer avec quelle facilité elle est introduite dans des discussions et dans les analyses politiques.
C’est surtout en politique que la notion revient encore et encore. Effectivement, l’élite est souvent utilisée comme bouc émissaire par l’opposition politique, qui estime n’y pas appartenir. Toutefois, cette supposition est fort douteuse. Un exemple assez extrême est celui du président américain, dont la campagne électorale (et la victoire ultérieure) reposait sur l’idée de se présenter comme antagoniste à l’élite, comme redresseur de torts prêts à affronter « la Wall Street » et les clans politiques traditionnels. La promesse a séduit une majorité suffisante de l’électorat américain ce qui est remarquable : manifestement, cette majorité a vraiment cru que le multimillionnaire Trump était différent de l’élite qu’il critiquait.
Outre la situation aux États-Unis, on peut observer la même contradiction en Europe. Il y a des partis de gauche ou de droite qui s’attaquaient aux élites de leur pays respectifs pendant des années, jusqu’au moment où ces partis ont accédé eux-mêmes au pouvoir. Tout d’un coup, on se sentait plus confortable en poursuivant la politique des prédécesseurs.
Il me semble que la stratégie consiste à créer une image floue et variable d’une supposé élite à laquelle on peut toujours attribuer la faute quand le pays traverse une crise. Vu qu’il n’existe pas de consensus sur l’étendue de la notion, chacun peut exploiter le ressentiment à l’encontre de l’élite comme il le souhaite.
Est-ce que tout cela veut dire que l’élite n’existe pas ? Loin de là ! Évidemment, le pays et l’économie sont dominés par un groupe de personnes qui, ensembles, déterminent les conditions en fonction desquelles la société évolue. Autrement dit, la notion d’élite est utile pour prendre acte du fait que « le peuple », bien qu’il soit le souverain formel, n’a que relativement peu d’influence sur son sort. Néanmoins, il faut être prudent en faisant référence à l’élite sans explication préalable sur la définition que l’on a choisie.
Sinon, il existe le risque que certains profitent de l'imprécision pour mobiliser une grande partie de la population en détournant la discussion des vrais sujets et des vrais responsables.
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교정 · 4
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Jour 82: Qui est l’élite et a-t-on besoin d’elle ? (15 mai 2018)
On parle d’elle comme si on savait de quoi il s’agit exactement et on l’évoque surtout quand les choses vont mal : l’élite. Il est intéressant d’observer avec quelle facilité elle est introduite dans des discussions et dans les analyses politiques.C’est surtout en politique que la notion revient encore et encore. Effectivement, l’élite est souvent utilisée comme bouc émissaire par l’opposition politique, qui estime ne pas y appartenir. Toutefois, cette supposition est fort douteuse. Un exemple assez extrême est celui du président américain, dont la campagne électorale (et la victoire ultérieure) reposait sur l’idée de se présenter comme antagoniste à l’élite, comme redresseur de torts prêts à affronter « la Wall Street » et les clans politiques traditionnels. La promesse a séduit une majorité suffisante de l’électorat américain ce qui est remarquable : manifestement, cette majorité a vraiment cru que le multimillionnaire Trump était différent de l’élite qu’il critiquait.
Outre la situation aux États-Unis, on peut observer la même contradiction en Europe. Il y a des partis de gauche ou de droite qui se sont attaqués aux élites de leur pays respectifs pendant des années, jusqu’au moment où ces partis ont accédé eux-mêmes au pouvoir. Tout d’un coup, on se sentait plus confortable en poursuivant la politique des prédécesseurs.
Il me semble que la stratégie consiste à créer une image floue et variable d’une supposé élite à laquelle on peut toujours attribuer la faute quand le pays traverse une crise. Vu qu’il n’existe pas de consensus sur l’étendue de la notion, chacun peut exploiter le ressentiment à l’encontre de l’élite comme il le souhaite.
Est-ce que tout cela veut dire que l’élite n’existe pas ? Loin de là ! Évidemment, le pays et l’économie sont dominés par un groupe de personnes qui, ensemble , déterminent les conditions en fonction desquelles la société évolue. Autrement dit, la notion d’élite est utile pour prendre acte du fait que « le peuple », bien qu’il soit le souverain formel, n’a que relativement peu d’influence sur son sort. Néanmoins, il faut être prudent en faisant référence à l’élite sans explication préalable sur la définition que l’on a choisie.
Sinon, il existe le risque que certains profitent de l'imprécision pour mobiliser une grande partie de la population en détournant la discussion des vrais sujets et des vrais responsables.
Bravo !! Votre niveau de français est excellent! et belle analyse.
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Hi Peter, thank you for your comment.
Personally, I always find it interesting to see where different countries draw the line between the individual's own responsibility and the government's duty to increase economic equality and social fairness. My favourite example are the differences in tuition fees around the world. While in some countries middle and low-income families face difficulties to access higher education, other countries see free university education as a primary policy goal to improve social mobility.
Another issue which you mentioned concerns the difficult relationship between truth and untruth. Given the worrying amount of fake-news allegations recently, I really believe that authoritarian regimes (including those of the last century) would be impressed to find how easily citizens today in rich, democratic societies can be told that facts are not facts and that wrong facts are the actual facts.
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In America, the rich often tell the poor that "anyone can be rich" in order to keep them struggling in a rigged game and blame themselves for their poverty. And, you can decide if this is related or not: recently an American newscaster who is considered "liberal"(whatever that means) said that "obama and comey should punish people for lying". But Obama took money from wall street and lies and comey (ex-fbi chief) lies, and the newscaster lies... so... maybe you see the problem? Desolee, mon francais n'est pas bonne.
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