Je comprend bien cet article. Je pense qu'on imprêgne notre langue maternelle de la morale qu'elle a aussi permis de véhiculer. Ce n'est pas facile de dire : "Tue le". On ressent toute la violence des mots, on en comprend le moindre enjeu, et les conséquences. Les langues qu'on apprend elles sont une aire de liberté. On y joue avec les mots, on hésite sur les sens. Tout y est plus abstrait (du fait que le sens exact ne soit pas parfaitement intégré) et moins sérieux (on joue avec une nouvelle langue). Dès lors, les mots paraissent moins violents, plus comme un jeu. On se concentre plus sur les mots eux mêmes que sur ce qu'ils véhiculent.
Pour parler d'expérience, je peux citer l'anglais dans mon cas. Je me suis rendu compte qu'en anglais, j'étais plus violent qu'en français. Bien sûr, l'américain avec son lot de "fucking" ou autre nous y encourage, mais dans les idées aussi. Il m'a fallu corriger ça d'urgence, quand je me suis rendu compte du décalage avec ce que je pourrais dire, et accepter, en français, car mon comportement s'en ressentais, l'attitude s'adaptant au langage.